A un certain moment il vit dans la foule un médecin parisien qu'il avait connu autrefois et qu'on était sûr de rencontrer partout où il y avait des cocottes; aussitôt, se levant de la chaise qu'il occupait auprès de Corysandre, il alla à lui.

—Docteur, j'ai un renseignement à vous demander, dit-il en l'emmenant à l'écart. A quels signes reconnaît-on donc ce que vous appelez la main hippocratique?

—Au renflement en massue de la dernière phalange des doigts et à l'incurvation de l'ongle, qui devient convexe par sa face dorsale.

—Est-ce que cette main est le signe des maladies de poitrine.

—Trousseau dit qu'elle est propre aux tuberculeux; mais cela est exagéré: elle s'observe aussi chez des individus parfaitement sains.

—Je vous remercie.

Avant de revenir auprès de Corysandre, Roger s'en alla tout à l'extrémité de l'enceinte du pesage, et là, se dégantant rapidement, il examina ses deux mains, qu'il n'avait jamais regardées, en se demandant si elles étaient ou n'étaient pas hippocratiques.

Il ne remarqua ce renflement en massue, et encore assez léger, qu'à un doigt de ses deux mains, l'annulaire; quant à l'incurvation de l'ongle, il ne savait pas trop ce que cela pouvait être; c'était sans doute un terme de médecine, il le chercherait.

XXXII

Roger croyait dîner avec Mautravers seul; mais, quand il entra dans le salon où celui-ci l'attendait, il trouva plusieurs convives réunis: le prince de Kappel, Poupardin, Montrévault, Sermizelles, Cara, Balbine, Esther Marix et enfin Raphaëlle.