Mais il regarda jouer et Roger dut rester près de lui attendant qu'il voulût bien sortir. Le sujet qu'il allait aborder était assez délicat, et avec un homme du caractère de Savine assez difficile pour avoir besoin du calme du tête-à-tête dans la solitude.

Enfin ils sortirent, et aussitôt qu'ils furent dans le jardin, à peu près désert, Roger commença:

—J'ai à vous remercier, cher ami, de la bonne journée que vous m'avez fait passer.

—Assez agréable en effet, dit Savine, se rengorgeant.

—Cette jeune fille est adorable.

—Oui.

Ce «oui» fut dit d'un ton grognon: ce n'était pas de Corysandre que Savine voulait qu'on lui parlât, c'était de lui-même, de lui seul; il le marqua bien:

—Et mes chevaux, dit-il, comment trouvez-vous qu'ils ont mené cette longue course dans des montées et des descentes et un chemin dur? Quand il y aura des courses sérieuses en France, je me charge de battre tous vos anglais avec mes russes: nous verrons si le bai à la mode ne sera pas remplacé par notre gris, qui est la vraie couleur du cheval.

—Oh! très bien, dit Roger avec indifférence. Et madame de Barizel, vous la connaissez beaucoup?

—Je la connais depuis que je suis à Bade, j'ai été mis en relation avec elle par Dayelle.