Madame de Barizel le rassura: elle n'était pas fatiguée; Corysandre n'avait pas gagné froid, elle avait été enchantée de cette promenade.

Cependant, bien que Roger prolongeât sa visite, la faisant durer plus qu'il ne convenait peut-être, Corysandre ne parut pas, car madame de Barizel avait décidé qu'il fallait exaspérer l'envie que le duc de Naurouse aurait de voir celle qui avait la veille produit sur lui une si forte impression, et elle avait exigé que sa fille restât dans sa chambre. Corysandre avait commencé par se révolter devant cette exigence, puis elle avait fini par céder aux raisons de sa mère.

—Veux-tu qu'il pense à toi?

—Oui.

—Veux-tu qu'il rêve de toi?

—Oui.

—Eh bien, laisse-moi faire pour cette visite comme pour toutes choses; on est stupide quand on écoute son coeur, on ne fait que des sottises.

Elle était restée dans sa chambre, mais en s'installant à la fenêtre, derrière un rideau, de façon à voir le duc de Naurouse quand il arriverait et repartirait.

Après une longue attente, Roger, perdant toute espérance de voir Corysandre ce jour-là, s'était levé pour se retirer; alors madame de Barizel, le trouvant au point qu'elle voulait, lui adressa son invitation à dîner pour le surlendemain.

—Quelques intimes seulement: le prince Savine, M. Dayelle, que vous connaissez sans doute? Et puis un bon ami à nous; un ami d'Amérique, maintenant fixé en Europe, un journaliste du plus grand talent, M. Leplaquet.