—J'ai à te parler, dit madame de Barizel, sérieusement.
—C'est de mon mariage, n'est-ce pas, qu'il va être question? dit-elle.
—Oui.
—Hélas!
—Écoute-moi avant de te plaindre et peut-être après me remercieras-tu.
—Ce serait si tu voulais bien ne plus me parler de mariage que je te remercierais, si tu savais comme je suis lasse de toutes ces combinaisons que tu te donnes tant de peine à chercher et qui n'aboutissent jamais, comme j'en suis humiliée.
Son beau visage s'anima, mais pour se voiler d'une expression mélancolique:
—Si tu savais comme j'en suis malheureuse.
—Eh bien je ne veux pas que cela dure plus longtemps; je ne veux pas que tu sois malheureuse, je ne l'ai jamais voulu. Sois convaincue que tu n'as pas de meilleure amie que ta mère; que je n'ai jamais voulu que ton bonheur; que je ne veux que lui et que je suis prête à tout pour l'assurer. Écoute-moi et tu vas le voir; mais d'abord réponds-moi en toute sincérité, sans rien me cacher, franchement: que penses-tu du prince Savine?
—Je te l'ai dit vingt fois, cent fois, et je te l'aurais dit bien plus encore si tu avais voulu m'écouter.