—C'est une question que je n'ai pas examinée... par cette raison que je ne pouvais pas l'examiner.

—Pourquoi?

—Parce que je n'aurais pu le faire qu'après vous avoir posé moi-même certaines questions que pour toutes sortes de raisons il me convenait de taire.

—Et que vous ne pouvez plus taire maintenant que nous avons abordé cet entretien, qui, vous le sentez, doit être poussé jusqu'au bout; posez-les donc, ces questions, et soyez sûr que j'y répondrai sans toutes les résistances que vous opposez aux miennes.

—Nos conditions ne sont pas les mêmes; vous étiez l'ami de la famille de Barizel quand je suis arrivé à Bade.

—Vos questions, vos questions?

—Eh bien, la question que je ne voulais pas vous adresser est la même que celle que vous me posez l'aimez-vous?

Savine tendit ses deux mains au duc de Naurouse:

—Mon cher Roger; dit-il d'une voie émue, vous êtes l'ami le plus loyal, le coeur le plus honnête, le plus droit, que j'aie jamais connu; mais j'espère me montrer digne de vous: je réponds donc: «Oui, je l'aime.»

—Vous voyez donc...