Après tout, mieux encore valait pour elle cette chambre trop petite que les bois et les champs: puisqu'elle avait supporté l'odeur de la baraque de Grain de Sel, elle supporterait bien celle-là sans doute.
«V'là votre lit», dit Rosalie en lui désignant celui qui était placé devant la fenêtre.
Ce qu'elle appelait un lit était une paillasse posée sur quatre pieds réunis par deux planches et des traverses; un sac tenait lieu d'oreiller,
«Vous savez, la fougère est fraîche, dit Rosalie, on ne mettrait pas quelqu'un qui arrive coucher sur de la vieille fougère; ce n'est pas à faire, quoiqu'on raconte que dans les hôtels, les vrais, on ne se gêne pas.»
S'il y avait trop de lits dans cette petite chambre, par contre on n'y voyait pas une seule chaise.
«II y a des clous aux murs, dit Rosalie, répondant à la muette interrogation de Perrine, c'est très commode pour accrocher les vêtements.»
Il y avait aussi quelques boîtes et des paniers sous les lits dans lesquels les locataires qui avaient du linge pouvaient le serrer, mais, comme ce n'était pas le cas de Perrine, le clou planté aux pieds de son lit lui suffisait de reste.
«Vous serez avec des braves gens, dit Rosalie; si la Noyelle cause dans la nuit, c'est qu'elle aura trop bu, il ne faudra pas y faire attention: elle est un peu bavarde. Demain, levez-vous avec les autres; je vous dirai ce que vous devrez faire pour être embauchée. Bonsoir.
— Bonsoir, et merci.
— Pour vous servir.»