— Je n'y comprends rien; j'ai glissé.

— Vous êtes peut-être fatiguée, dit Perrine pensant à elle-même.

— C'est toujours quand on est fatigué qu'on s'estropie; le matin on est plus souple et on fait attention. Qu'est-ce que va dira tante Zénobie?

— Puisque ce n'est pas votre faute.

— Mère Françoise croira bien que ce n'est pas ma faute, mais tante Zénobie dira que c'est pour ne pas travailler.

— Vous la laisserez dire.

— Si vous croyez que c'est amusant d'entendre dire.»

Sur leur chemin les ouvriers qui les rencontraient les arrêtaient pour les interroger: les uns plaignaient Rosalie; le plus grand nombre l'écoutaient indifféremment, en gens qui sont habitués à ces sortes de choses et se disent que ça a toujours été ainsi; on est blessé comme on est malade, on a de la chance ou on n'en a pas; chacun son tour, toi aujourd'hui, moi demain; d'autres se fâchaient:

«Quand ils nous auront tous estropiés!

— Aimes-tu mieux crever de faim?»