La porte de l'aumuche ouverte, Rosalie ayant aperçu dressées dans les quatre coins des gerbes de fleurs variées, l'une de massettes, l'autre de butomes rosés, celle-ci d'iris jaunes, celle-là d'aconit aux clochettes bleues, et à terre le couvert mis, poussa une exclamation qui paya Perrine de ses peines.
«Que c'est joli!»
Sur un lit de fougère fraîche deux grandes feuilles de patience se faisaient vis-à-vis en guise d'assiettes, et sur une feuille de berce beaucoup plus grande, comme il convient pour un plat, la perche était dressée entourée de cresson; c'était une feuille aussi, mais plus petite, qui servait de salière, comme c'en était une autre qui remplaçait le compotier pour les groseilles à maquereau; entre chaque plat était piquée une fleur de nénuphar qui sur cette fraîche verdure jetait sa blancheur éblouissante.
«Si vous voulez vous asseoir», dit Perrine en lui tendant la main.
Et quand elles eurent pris place en face l'une de l'autre, le dîner commença.
«Comme j'aurais été fâchée de n'être pas venue, dit Rosalie, parlant la bouche pleine, c'est si joli et si bon.
— Pourquoi donc ne seriez-vous pas venue?
— Parce qu'on voulait m'envoyer à Picquigny pour M. Bendit qui est malade.
— Qu'est-ce qu'il a, M. Bendit?
— La fièvre typhoïde; il est très malade, à preuve que depuis hier il ne sait pas ce qu'il dit, et ne reconnaît plus personne; c'est pour cela qu'hier justement j'ai été pour venir vous chercher.