— Certainement, je resterai ici.
—Je le pense, et je crois que c'est le meilleur pour toi maintenant. Comme tu vas vivre dans les bureaux où tu seras en relation avec les employés, à qui tu porteras mes ordres, comme d'autre part tu sortiras avec moi, tu ne peux pas garder tes vêtements d'ouvrière, qui, m'a dit Benoist, sont fatigués….
— Des guenilles; mais je vous assure, monsieur, que ce n'est ni par paresse, ni par incurie, hélas!
— Ne te défends pas. Mais enfin comme cela doit changer, tu vas aller à la caisse où l'on te remettra une fiche pour que tu prennes, chez Mme Lachaise, ce qu'il te faut en vêtements, linge de corps, chapeau, chaussures.»
Perrine écoutait comme si au lieu d'un vieillard aveugle à la figure grave, c'était une belle fée qui parlait, la baguette au- dessus d'elle.
M. Vulfran la rappela à la réalité:
«Tu es libre de choisir ce que tu voudras, mais n'oublie pas que ce choix me fixera sur ton caractère. Occupe-toi de cela. Pour aujourd'hui je n'aurai pas besoin de toi. À demain.»
XXVII
Quand à la caisse on lui remit, après l'avoir examinée des pieds à la tête, la fiche annoncée par M. Vulfran, elle sortit de l'usine en se demandant où demeurait cette Mme Lachaise.
Elle eut voulu que ce fût la propriétaire du magasin où elle avait acheté son calicot, parce que la connaissant déjà, elle eût été moins gênée pour la consulter sur ce qu'elle devait prendre.