Ce fut seulement à trois heures qu'elle revit M. Vulfran, quand il la sonna pour partir. Plus d'une fois elle s'était demandée qui remplacerait Guillaume; sa surprise fut grande quand M. Vulfran lui dit de prendre place à ses côtés, après avoir renvoyé le cocher qui avait amené Coco.
«Puisque tu as bien conduit hier, il n'y a pas de raisons pour que tu ne conduises pas bien aujourd'hui. D'ailleurs nous avons à parler, et il vaut mieux pour cela que nous soyons seuls.»
Ce fut seulement après être sortis du village où sur leur passage se manifesta la même curiosité que la veille, et quand ils roulèrent doucement à travers les prairies où la fenaison était dans son plein, que M. Vulfran, jusque-là silencieux, prit la parole, au grand émoi de Perrine qui eût bien voulu retarder encore le moment de cette explication si grosse de dangers pour elle, semblait-il.
«Tu m'as dit que M. Théodore et M. Talouel étaient venus dans ton bureau.
— Oui, monsieur.
— Que te voulaient-ils?»
Elle hésita, le coeur serré.
«Pourquoi hésites-tu? Ne dois-tu pas tout me dire?
— Oui, monsieur, je le dois, mais cela n'empêche pas que j'hésite.
— On ne doit jamais hésiter à faire son devoir; si tu crois que tu dois te taire, tais-toi; si tu crois que tu dois répondre à ma question, car je te questionne, réponds.