Elle eut la satisfaction de voir Bastien l'applaudir par de grands mouvements de tête: elle avait deviné, c'était bien cela qu'elle devait dire.
«Il convient que quand on travaille, on ait ses heures de liberté, répondit M. Vulfran.
— Je vous assure que je ne suis pas fatiguée du tout.
— Alors, dit-il, suis-moi dans mon cabinet.»
C'était une vaste pièce sombre, qu'un vestibule séparait de la salle à manger, et à laquelle conduisait un chemin en toile qui permettait à M. Vulfran de marcher franchement, puisqu'il ne pouvait s'égarer et qu'il avait dans la tête comme dans les jambes le juste sentiment des distances.
Perrine s'était plus d'une fois demandé à quoi M. Vulfran passait son temps lorsqu'il était seul, puisqu'il ne pouvait pas lire; mais cette pièce, lorsqu'il eut pressé un bouton d'éclairage, ne répondit rien à cette question; pour meubles, une grande table chargée de papiers, des cartonniers, des sièges, et c'était tout; devant une fenêtre un grand fauteuil voltaire, mais sans rien autour. Cependant l'usure de la tapisserie qui le recouvrait semblait indiquer que M. Vulfran devait y rester assis pendant de longues heures, en face du ciel, dont il ne voyait même pas les nuages.
«Que me lirais-tu bien?» demanda-t-il.
Des journaux étaient sur la table enveloppés de leurs bandes multicolores.
«Un journal, si vous voulez.
— Moins on donne de temps aux journaux, mieux cela vaut.»