— Justement, vous pouvez nous prouver votre attachement par ces soins de tout instant que je vous indiquais, mais encore bien mieux. Mon frère n'a pas besoin seulement d'être préservé du froid, il a besoin aussi d'être défendu contre les émotions brusques qui, en le surprenant, pourraient le tuer. Ainsi, ces messieurs me disaient qu'en ce moment il faisait faire recherches sur recherches dans les Indes pour obtenir des nouvelles de son fils, notre cher Edmond.»
Elle fit une pause, mais inutilement, car Perrine ne répondit pas à cette ouverture, bien certaine que «ces messieurs», c'est-à-dire les deux cousins, n'avaient pas pu parler de ces recherches à Mme Bretoneux; que Casimir en eût parlé, il n'y avait là rien que de vraisemblable, puisqu'il avait appelé sa mère à son secours; mais Théodore, cela n'était pas possible.
«Ils m'ont dit que lettres et dépêches passaient par vos mains et que vous les traduisiez à mon frère. Eh bien! il serait très important, au cas où ces nouvelles deviendraient mauvaises, comme nous ne le prévoyons que trop, hélas! que mon fils en fût averti le premier; il m'enverrait une dépêche, et, comme la distance d'ici à Boulogne n'est pas très grande, j'accourrais soutenir mon pauvre frère: une soeur, surtout une soeur aînée, trouve d'autres consolations dans son coeur qu'une belle-soeur. Vous comprenez?
— Oh! bien sûr, madame, que je comprends; il me semble au moins.
— Alors, nous pouvons compter sur vous?»
Perrine hésita un moment, mais elle ne pouvait pas ne pas répondre.
«Je ferai tout ce que je pourrai pour M. Vulfran.
— Et ce que vous ferez pour lui, vous le ferez pour nous, comme ce que vous ferez pour nous vous le ferez pour lui. Tout de suite je vais vous prouver que, quant à nous, nous ne serons pas ingrats. Qu'est-ce que vous diriez d'une robe qu'on vous donnerait?»
Perrine ne voulut rien dire, mais comme elle devait, une réponse à cette offre, elle la mit dans un sourire.
«Une belle robe avec une petite traîne, continua Mme Bretoneux.