Et il montra une joie qui était un aveu de ses craintes: c'était maintenant qu'il pouvait affirmer l'existence d'Edmond avec preuves à l'appui et non plus seulement en vertu de sa foi paternelle.

Pour la première fois depuis que ses recherches se poursuivaient, il parla de son fils à ses neveux et à Talouel.

«J'ai la grande joie de vous annoncer que j'ai des nouvelles d'Edmond; il était en Bosnie au mois de novembre.»

L'émoi fut grand quand ce bruit se répandit dans le pays. Comme toujours en pareille circonstance on l'amplifia:

«M. Edmond va arriver!

— Est ce possible?

— Si vous voulez en avoir la certitude regardez la mine des neveux et de Talouel.»

En réalité, elle était curieuse cette mine: préoccupée chez Théodore autant que chez Casimir, avec quelque chose de contraint; au contraire épanouie chez Talouel, qui depuis longtemps avait pris l'habitude de faire exprimer à sa physionomie comme à ses paroles précisément le contraire de ce qu'il pensait.

Cependant il y avait des gens qui ne voulaient pas croire à ce retour:

«Le vieux a été trop dur; le fils n'avait pas mérité que, pour quelques dettes, on l'envoyât aux Indes. Mis en dehors de sa famille, il s'en est créé une autre là-bas.