Mais il fit cette réponse d'un ton presque indifférent, comme s'il n'y avait pas intérêt pour lui à savoir où était le feu.
Ce fut seulement en entrant dans le village qu'ils furent fixés:
«Ne vous pressez pas, monsieur Vulfran, cria un paysan, le feu n'est pas chez vous: c'est la maison à la Tiburce qui brûle.»
La Tiburce était une vieille ivrogne qui gardait les enfants trop petits pour être admis à l'asile, et habitait une misérable chaumière, usée, à moitié effondrée, située au fond d'une cour, aux environs des écoles.
«Allons-y», dit M. Vulfran.
Il n'y avait qu'à suivre les gens qui couraient; maintenant on voyait la fumée et les flammes s'élever en tourbillons au-dessus des maisons, et l'on respirait une odeur de brûlé. Avant d'arriver, ils durent arrêter sous peine d'écraser les curieux, qui pour rien au monde ne se seraient dérangés. Alors M. Vulfran descendit de voiture, et guidé par Perrine traversa les groupes. Comme ils approchaient de l'entrée de la maison, Fabry, le casque en tête, car il commandait les pompiers de l'usine, vint à eux.
«Nous sommes maîtres du feu, dit-il, mais la maison est entièrement brûlée, et ce qui est plus grave, plusieurs enfants, cinq ou six peut-être, ont péri; un est enseveli sous les décombres, deux ont été asphyxiés; les trois autres, on ne sait pas.
— Comment le feu a-t-il pris?
— La Tiburce était endormie ivre, — elle l'est encore, — les enfants les plus grands ont joué avec des allumettes; quand tout a commencé à flamber, ils se sont sauvés, la Tiburce épouvantée en a fait autant, oubliant ceux au berceau.»
Une clameur sortait de la cour accompagnée de cris, M. Vulfran voulut se diriger de ce côté.