— J'en ai déjà eu trois, que j'ai perdus; à qui doit-il de vivre celui-là? Vous voyez s'il est à vous; Dieu vous bénisse, vous et votre chère fille!»
Après la crèche ce fut la tour d'une maison ouvrière, puis de l'hôtel, du restaurant, du cercle, et en quittant Maraucourt ils allèrent à Saint-Pipoy, à Flexelles, à Bacourt, à Hercheux, et sur la route Palikare trottait joyeux, fier d'être conduit par sa petite maîtresse, dont la main était plus douée que celle de la Rouquerie, et qui ne remontait jamais en voiture sans l'embrasser, — caresse à laquelle il répondait par des mouvements d'oreilles tout à fait éloquents pour qui savait les traduire.
Dans ces villages les constructions n'étaient pas aussi avancées qu'à Maraucourt, mais déjà cependant pour la plupart on pouvait fixer l'époque de leur achèvement.
La journée avait été bien remplie, ils revinrent lentement avant l'approche de la nuit; alors, comme ils passaient d'une colline à l'autre, ils se trouvèrent dominer la contrée où partout se montraient des toits neufs à l'entour des hautes cheminées qui vomissaient des tourbillons de fumée; M. Vulfran étendit la main:
«Voilà ton ouvrage, dit-il, ces créations auxquelles, entraîné par la fièvre des affaires, je n'avais pas eu le temps du penser. Mais pour que cela dure et se développe, il te faut un mari digne de toi, qui travaille pour nous et pour tous. Nous ne lui demanderons pas autre chose. Et j'ai idée que nous pourrons rencontrer l'homme de bon coeur qu'il nous faut. Alors nous vivrons heureux… en famille.
FIN
[1] On trouvait également cette orthographe du mot dans la deuxième moitié du XIXe siècle. [NdC] [2] La forme féminine maline, utilisée, par exemple, au XVIe, est restée jusqu'à nos jours dans la prononciation vulgaire et dans les patois. [NdC]