— Ni votre père, ni votre mère?
— Ni mon père, ni ma mère.
— Vous êtes comme moi, mais j'ai ma grand'mère qui est bonne, et qui serait encore meilleure s'il n'y avait pas mes oncles et mes tantes qu'elle ne veut pas fâcher; sans eux je ne travaillerais pas aux usines, je resterais au débit; mais elle ne fait pas ce qu'elle veut. Alors vous êtes toute seule?
— Toute seule.
— Et c'est de votre idée que vous êtes venue de Paris à
Maraucourt?
— On m'a dit que je trouverais peut-être du travail à Maraucourt, et au lieu de continuer ma route pour aller au pays des parents qui me restent, j'ai voulu voir Maraucourt, parce que les parents, tant qu'on ne les connaît pas, on ne sait pas comment ils vous recevront.
— C'est bien vrai; s'il y en a de bons, il y en a de mauvais.
— Voilà.
— Eh bien, ne vous élugez point, vous trouverez du travail aux usines; ce n'est pas une grosse journée dix sous, mais c'est tout de même quelque chose, et puis vous pourrez arriver jusqu'à vingt- deux sous. Je vais vous demander quelque chose; vous répondrez si vous voulez; si vous ne voulez pas vous ne répondrez pas; avez- vous de l'argent?
— Un peu.