—Pouvez-vous, dans un collier, remplacer les perles vraies qui le composent par des perles fausses sans que cette substitution saute aux yeux?

—Saute aux yeux! Mais, madame, nous pouvons arriver à une imitation si parfaite que personne ne s'apercevra que c'est une imitation. Tenez.

Ouvrant un tiroir, le bijoutier étala sur une vitrine une poignée de perles:

—Voyez vous-même.

Ce que vit Ghislaine, ce fut que ces perles n'avaient pas l'orient doux, chatoyant, satiné des vraies, mais enfin l'imitation était suffisante pour qu'elle s'en contentât.

—Où est le collier? demanda le bijoutier.

—Je l'apporterai demain: vous le copierez aussi exactement que possible, même nombre, il y en a quatre cents...

Le bijoutier eut un sourire de surprise.

—... Même grosseur; vous ferez servir l'ancien fermoir pour attacher ces perles fausses, et vous mettrez les vraies dans une boîte.

Lorsqu'elle revint le lendemain, apportant le collier, ce ne fut plus de la surprise que montra le bijoutier, ce fut du respect; mais il ne se laissa pas effrayer par la perfection de ces perles, et il déclara que la copie serait digne du modèle.