Il se leva.

De la main, elle l'arrêta.

—Ne partez pas, dit-elle.

—Et que voulez-vous, madame?

—Que vous compreniez qu'en disant qu'il m'est impossible de trouver ces cent mille francs, je confesse la vérité.

—Je le comprendrai, ou tout au moins je le croirai si vous le voulez, madame, mais vous conviendrez qu'il est difficile d'admettre qu'une femme dans votre position, que la comtesse d'Unières, que la princesse de Chambrais soit arrêtée par une aussi misérable somme.

—C'est justement parce que je suis comtesse d'Unières qu'il m'est impossible de me la procurer. Pour les cinquante mille francs que vous avez touchés, j'ai vendu les bijoux dont je pouvais me défaire. Pour les perles qui sont entre vos mains, j'ai détruit un collier que tout le monde connaît, et que sa notoriété même m'impose si bien, qu'il est certaines réunions dans lesquelles je ne puis pas paraître sans le porter. Il m'est impossible de faire davantage. Une femme mariée ne dispose pas de sa fortune, vous le savez; et si cent mille francs sont une misérable somme pour vous, pour moi, c'en est une considérable que je n'ai pas et que je ne peux pas emprunter.

—Alors, restons-en là.

De nouveau il se leva.

Le couteau sur la gorge, elle sentait que si elle le laissait partir, elle aurait à subir quelque nouvelle attaque, qui, dans les conditions où elle se trouvait, pouvait tout perdre; elle devait donc ne reculer devant rien pour l'empêcher; Claude d'un côté, de l'autre son mari, elle était aux abois.