—Comment, il est prince, Nicétas?

—Prince Amouroff.

—Il a donc hérité du titre de son père?

—Il paraît.

—C'est une fière chance.

—N'est-il pas tout naturel d'hériter de son père?

—Quand on est le fils de son père, mais quand on a légalement pour père un homme dont on n'est pas le fils, je trouve que c'est une fière chance d'hériter de celui qui s'est débarrassé de sa paternité.

—Je ne comprends pas.

Le verre en main, Soupert ne demandait qu'à bavarder, et pourvu qu'il pût assez souvent se mouiller la bouche, il ne s'arrêtait que quand son verre était vide: il raconta ce qu'il savait de la naissance de Nicétas, en réalité fils du prince Amouroff, mais légalement fils d'un professeur au Conservatoire de Marseille, appelé Clovis Blanc, qui l'avait reconnu.

—Eh bien! dit le notaire, quand Soupert fut arrivé au bout de son histoire, il paraît que les choses se sont arrangées, car aujourd'hui votre ancien élève est prince.