—Ce serait avec plaisir, mais en quittant la Russie, je ne me suis pas chargé de ma généalogie, qui constitue un ballot un peu lourd.

—C'est fâcheux, car vous pourriez prouver à votre ambassade qu'elle se trompe en disant que le prince Amouroff n'a laissé qu'un fils mort depuis trois ans, et, à moi, que ce n'est pas en vue d'un chantage que vous avez pris le nom et ce titre, ce qui vous épargnerait le désagrément d'être reconduit à la frontière par mes soins.

—Ce serait une illégalité.

Le préfet haussa les épaules, car s'il parlait volontiers d'illégalité quand il ne voulait pas faire quelque chose, il ne souffrait pas qu'on lui en parlât.

—Réclamez-vous de votre ambassadeur, dit-il; s'il vous prend sous sa protection, je m'incline.

Nicétas ne répondit pas.

—Aimez-vous mieux déclarer que vous n'êtes pas Russe? alors je vous ferai remarquer que vous n'auriez pas dû signer cette lettre—il montra la lettre écrite au notaire—«Prince Amouroff», ce qui constitue un faux.

—Oh! un faux!

Au lieu de répondre, le préfet sonna:

—Prévenez un des messieurs les commissaires aux délégations, dit-il à l'huissier, que je le prie de se rendre ici.