Tous ceux qui la connaissaient disaient d'elle:
—Est-elle drôle, cette Flavie!
Et ce mot était généralement accepté.
Les jeunes beaux des avant-scènes et de l'orchestre étaient assez indifférents pour elle; mais, parmi les hommes qui avaient passé la soixantaine, elle avait de zélés partisans. Il est vrai qu'ils ne la défendaient pas ouvertement quand on l'attaquait, mais, à ces attaques, ils répondaient par des haussements d'épaules ou des sourires discrets qui en disaient long pour qui savait comprendre.
Le baron Lazarus était un de ces fidèles, et de tous, celui qui lui témoignait publiquement le plus d'intérêt.
—Elle était la fille de son caissier, cet intérêt n'était-il pas tout naturel?
Si cette explication était accueillie par des sourires, il ne se fâchait pas et riait lui-même.
—Je voudrais bien, disait-il.
En sortant de chez madame de Lucillière, il se rendit directement chez Flavie, et, avec de longues circonlocutions, il lui expliqua ce qu'il désirait, c'est-à-dire qu'elle prît des leçons de Lorenzo Beio.
A ce mot, Flavie se jeta à la renverse sur un canapé en riant aux éclats.