—Ne faites donc pas le naïf avec moi, vous savez que je ne m'y laisse plus prendre. Pourquoi avez-vous eu l'idée de me faire donner des leçons par Beio? Dites-moi la raison vraie.

—Pour que tu me donnes les nobles jouissances de l'art.

Elle se jeta de nouveau sur son canapé en riant de plus belle.

—Non, non! criait-elle; impayable!

Le baron vint s'asseoir près d'elle:

—Tu sais bien que je t'adore, dit-il, et je n'ai qu'un désir, qui est de t'aimer plus encore, si cela est possible. Une seule chose peut faire ce miracle: le talent.

—Ah! ça! je n'ai donc pas de talent?

—Si, si, tu en as beaucoup, et c'est justement pour que tu en aies davantage. Cela te sera facile avec Beio; tu iras à l'Opéra-Comique, à l'Opéra. Vois-tu l'affiche: Débuts de mademoiselle Flavie Engel. Cela ne te dit rien.

—Après tout, pourquoi pas?

—Un peu de travail, et tu arrives; Beio est un excellent professeur, qui a fait des prodiges en ce genre. Jusqu'à présent tu as eu les succès d'une petite fille, mais tu vas devenir une femme; avec l'âge, il te faut d'autres succès, plus grands, plus beaux et, si tu le veux, tu les auras.