Le baron respira: si Thérèse épousait ce jeune sculpteur, cet associé de son père, elle n'était pas à craindre, et l'on pouvait ne pas s'occuper d'elle davantage.

—Quand doit se faire ce mariage? Il faut savoir cela, mon brave Hermann, et discrètement.

Et le brave Hermann, qui, lui aussi, avait reçu du ciel d'heureuses dispositions pour faire des recherches et des enquêtes, s'occupa d'apprendre quand Thérèse devait épouser Michel.

Au reste, cela ne lui donna pas beaucoup de peine, et après avoir interrogé adroitement Antoine, qui se livra peu, Michel, qui se livra moins encore, et enfin Denizot, qui parla tant qu'on voulut l'écouter et emplir son verre, il apprit que la date de ce mariage était fixée à la fin de l'année 1870.

—Et pourquoi cette date éloignée? demanda la baron lorsqu'Hermann, tout fier de sa découverte, lui reporta cette nouvelle.

—Une idée de la jeune fille; son père voudrait avancer le mariage.

—C'est un brave homme.

—Il est exposé à être renvoyé un de ces jours en prison, et il voudrait marier sa fille avant; mais la petite ne veut pas.

—Pourquoi ne veut-elle pas?

—On ne sait pas: idée de jeune fille, sans doute, elle ne donne pas ses raisons.