Et de fait il aurait agi, mais Antoine avait refusé de quitter Paris.
—On devait l'arrêter? eh bien! on l'arrêterait; il ne lui convenait pas de fuir comme un coupable.
On lui avait montré qu'il ne s'agissait pas en cette question de ce qui lui convenait ou ne lui convenait pas; il fallait avoir souci de ce qui pouvait être utile à la cause et à l'association, rien de plus.
L'avis unanime avait été qu'il ne devait pas se laisser arrêter.
Antoine aven cédé, mais sur un point il avait été inébranlable: il attendrait qu'on eût lancé contre lui un ordre d'arrestation.
Huit jours après que le baron Lazarus avait annoncé à Hermann qu'Antoine Chamberlain devait être prochainement arrêté, un commissaire de police, accompagné de trois agents en petite tenue et de six agents en bourgeois, la canne à la main, se présenta rue de Charonne à cinq heures du matin: la grande porte était fermée.
Elle ne s'ouvrit pas aussitôt que la sonnette eut été tirée, et cependant le concierge s'était réveillé: un agent, qui avait collé son oreille contre la porte, entendit un bruit qui ressemblait à des pas légers courant sur le pavé de la cour.
Enfin le concierge, sans ouvrir la porte, demanda qui était là.
—Au nom de la loi, ouvrez!
—C'est bon, dit-il sans s'émouvoir, on va vous ouvrir.