—Ah! vraiment?

—Mon Dieu! oui.

—Et comment cela?

—C'est justement ce que je vous demande, car pour moi je ne comprends pas qu'une jeune fille dans sa position se soit laissée ainsi entraîner. Mais je connais si peu les femmes, et puis Paris est si corrupteur!

—Il me semble que mademoiselle Belmonte n'est pas Parisienne; elle est Italienne, comme mademoiselle Lazarus est Allemande.

—Enfin ce Beio, qui n'est qu'un grossier personnage, a fait une scène violente à mademoiselle Belmonte, en lui reprochant de ne pas vouloir prendre pour mari l'homme qu'elle avait bien voulu prendre pour... amant. Il a dit le mot, et précisément, par un malheureux hasard,—en disant malheureux, je pense au prince Mazzazoli,—le colonel l'a entendu.

Le colonel assistait à cette scène?

—C'est-à-dire qu'il n'y assistait pas; seulement ce Beio, se croyant encore au théâtre sans doute, dans une de ses scènes à effet des opéras italiens, criait de telle sorte que sa voix est arrivée jusqu'aux oreilles du colonel.

—Ces oreilles n'étaient pas bien loin, je suppose, de l'endroit où se passait cette scène.

—C'est-à-dire que le colonel était avec moi dans mon salon, et Beio, qui, depuis plusieurs jours, poursuivait mademoiselle Belmonte, avait rejoint celle-ci dans ma serre, où elle s'était réfugiée.