—Ce qu'il a dit lorsque sa nièce est rentrée, je n'en sais rien, et j'avoue même que je le regrette, car cela a dû être original; mais ce qu'il a fait est beaucoup plus original encore.

—Voyons.

—C'est â trois heures aujourd'hui que cette scène s'est passée entre le colonel, Beio et mademoiselle Belmonte. Vers six heures, le hasard m'a conduit aux Champs-Éysées, et qu'est-ce que j'ai vu? Le prince Mazzazoli, la comtesse Belmonte, Carmelita et leur vieille servante, montant dans un omnibus du chemin de fer de Lyon, chargé de bagages.

—Ils partent?

—Leur position eût été assez embarrassante à Paris; il eût fallu répondre à bien des questions; et puis d'un autre côté, le prince eût été obligé à régler des affaires pénibles avec le colonel, car vous savez que celui-ci avait envoyé la corbeille à sa fiancée: diamants, bijoux, cadeaux de toutes sortes. Alors le prince a préféré ne pas restituer lui-même ces cadeaux; il les renverra d'Italie; c'est plus simple.

La marquise voulut réitérer ses compliments au baron, mais celui-ci les refusa obstinément; il n'avait rien fait, à elle toute la gloire du succès; et il la quitta avec la même physionomie discrète.

Insinuée par le baron dans l'oreille de quelques intimes, répétée franchement par la marquise, la nouvelle de la rupture du mariage du colonel eut bientôt fait le tour de la salle.

Était-ce possible?

—Surtout était-il possible que le prince eût ainsi quitté Paris?

—Parbleu! avec les diamants du colonel.