Il fit donc cette visite, qui ne fut pas de quelques minutes, comme l'avait proposé le baron, mais de près d'une heure; car, chaque fois qu'il voulut se lever, le baron ou Ida abordèrent un nouveau sujet qui l'obligeait à rester.

Ce fut seulement quand le baron le reconduisit à la porte de sortie, qu'il put aborder le sujet qu'il l'avait amené.

—A propos, connaissez-vous un journal allemand portant pour titre le Volkstaat?

Le baron ouvrit la bouche pour répondre; mais, se ravisant, il la referma aussitôt et parut chercher.

—Le Volkstaat, le Volkstaat, dit-il.

—C'est, je crois, un journal ouvrier, fait par les ouvriers pour les ouvriers.

—Eh bien! il y a un moyen très simple pour que vous ayez votre renseignement, c'est que j'écrive à mes correspondants de Dresde et de Leipzig. C'est aujourd'hui lundi: j'écris ce soir, je reçois les réponses vendredi, et vous venez dîner avec nous samedi.

Comme le colonel répondait par un refus aussi poli que possible:

—Me suis-je trompé? dit le baron, êtes-vous réellement fâché contre moi?

—Mais, comment pouvez-vous penser?...