—Hier j'ai été surpris par la nuit à une assez grande distance, et je n'ai pas pu rentrer.
—Et où avez-vous couché?
—Sur un tas de foin dans un chalet de la montagne.
—Mais c'est très amusant, cela.
—Cela vaut mieux que de coucher à la belle étoile, car les nuits sont fraîches dans la montagne; mais il y a quelque chose qui vaut encore beaucoup mieux qu'un tas de foin, c'est un bon lit.
—Vous aimez ces courses dans la montagne.
—J'aime la vie active, la fatigue; ces courses me délassent de la vie sédentaire que j'ai menée en ces derniers temps.
—Ah! vous êtes heureux.
Comme il ne répondait pas, elle continua:
—J'entends que vous êtes heureux de faire ce que vous voulez, d'aller où vous voulez, sans avoir à consulter personne. Savez-vous que depuis que je ne suis plus une toute petite fille, je n'ai pu faire un pas sans la permission de mon oncle, et il faut dire que presque toutes les fois que je lui ai demandé d'aller à gauche il m'a permis d'aller à droite.