Horace se montra ému, et le prince fut certain que cette émotion allait se communiquer au colonel.
Il n'y avait qu'à attendre en entretenant cette émotion.
Le temps s'écoulait, et la maladie de Carmelita prit un caractère de plus en plus inquiétant.
Le prince paraissait accablé, et, toutes les fois qu'il parlait de sa nièce à Horace, c'était avec des tremblements dans la voix et des larmes dans les yeux, de plus en plus convaincu que ces larmes et ces tremblements passeraient dans les lettres du nègre.
—Vous aussi, disait-il, vous avez vos tourments, mon pauvre garçon, et je vous plains sincèrement d'être sans nouvelles de votre maître, que vous aimez tant.
Il y avait déjà dix jours qu'Horace «était sans nouvelles de son maître», lorsqu'un matin on lui remit une lourde enveloppe portant le timbre de Paris, et dont l'adresse était écrite de la main du colonel.
Dans cette enveloppe, se trouvaient quatre lettres: une pour lui, dans laquelle le colonel lui disait de venir le rejoindre à Paris; une pour le prince Mazzazoli, une pour la comtesse Belmonte, la quatrième enfin pour mademoiselle Carmelita Belmonte.
Ces lettres reçues, il ne perdit pas son temps à se demander quel pouvait être leur contenu.
Vivement il monta à la chambre du prince, tenant les trois lettres dans sa main.
—Je viens de recevoir une lettre de mon maître, dit Horace, dans laquelle étaient incluses trois lettres que voici: une pour M. le prince, une pour madame la comtesse, une pour mademoiselle Carmelita.