Elle l'était de la façon la plus simple et en termes aussi brefs que possible.

Mon cher prince,

Je n'ai pu vivre dans l'intimité de votre charmante nièce, sans me prendre pour elle d'un sentiment de tendresse qui peu à peu est devenu de l'amour.

J'ai l'honneur de vous demander sa main et je vous prie d'être mon interprète auprès de madame la comtesse Belmonte, à laquelle d'ailleurs j'écris directement, pour appuyer ma demande.

Je ne veux aujourd'hui présenter que la question de sentiment; quant à ce qui est affaire, nous nous en occuperons, si vous le voulez bien, de vive voix, lorsque nous aurons le plaisir d'être réunis.

Croyez, mon cher prince, à mes meilleurs sentiments.

ÉDOUARD CHAMBERLAIN.

Autant le prince avait été satisfait de la lettre écrite à Carmelita, autant il fut mécontent de celle-là.

Vraiment ce marchand de pétrole le prenait de haut et d'un ton dégagé avec le dernier représentant des Mazzazoli.

Il prit la lettre adressée à la comtesse et l'ouvrit.

Elle était à peu près la répétition de celle qu'il venait de lire, avec plus de politesse seulement et moins de sans-gêne.

Alors, réunissant ces trois lettres, il passa dans la chambre de Carmelita, où se trouvait la comtesse.

—Je viens de recevoir une lettre du colonel Chamberlain, dit-il.

—Ah! s'écria la comtesse.

Carmelita ne dit rien; mais, se soulevant sur le fauteuil où elle était étendue, elle regarda son oncle fixement.