—Morte, dit-elle, morte de frayeur et d'angoisse.
Il voulut l'attirer, mais doucement elle se défendit:
—Ecoute-moi, dit-elle, je t'en prie, écoute-moi, et tu vas comprendre pourquoi je suis dans cet état de crise, qui m'a fait tout braver pour venir te trouver, ce qui est folie.
Elle s'était assise près de lui, tout contre lui, lui tenant les deux mains dans les siennes, les serrant, les étreignant.
—C'est un aveu, dit-elle en soufflant ses paroles, un aveu que j'ai à te faire. Tu t'es demandé plus d'une fois, n'est-ce pas, comment avait été payé le mobilier de cette maison et le bien-être qui nous entoure? Je ne sais quelles réponses tu as pu te faire; mais je vais te révéler la vérité; j'ai depuis longtemps engagé des spéculations par l'entremise de La Parisière, et elles m'ont fait gagner quelque argent.
Il fut pour l'interrompre et lui dire: «Je sais tout»; mais comment lui dire en même temps: «J'ai voulu te sauver et je ne peux rien pour toi?» Comme il réfléchissait à cela, désespéré par son impuissance, elle poursuivit:
—Mais après avoir gagné, j'ai perdu; le désastre Heynecart vient de me coûter deux cent mille francs qu'il faut que je paye avant samedi, et que je viens te demander de me faire trouver en les empruntant toi-même.
Cette fois il ne put pas se taire, puisqu'il était ainsi mis en demeure, ne devait-il pas parler, et franchement tout dire?
—Pourquoi me demander deux cent mille francs quand tu en dois réellement trois cent mille?
—Eh quoi!