—Mais…

—Je resterais près de papa.

—Pas du tout, dit Fourcy, descendez l'une et l'autre, et retenez le marquis aussi longtemps qu'il voudra, j'ai sommeil.

Il ne fut pas difficile de retenir le marquis Collio qui se montra très aimable pour Marcelle, très empressé auprès d'elle, sans aucune de ces exagérations de galanterie italienne qui jusqu'à ce jour avaient été dans ses habitudes.

Marcelle était radieuse.

Et de son côté madame Fourcy manifestait une franche satisfaction, qui mettait Evangelista à son aise et lui permettait d'exprimer ce qu'il sentait et ce qu'il pensait, sous les yeux mêmes de madame Fourcy, sans aucun embarras, en homme qui a pris son parti et qui est heureux de s'être décidé.

Évidemment, il voyait maintenant Marcelle avec d'autres yeux, et il reconnaissait des qualités et des charmes dans la fille de l'associé de la maison Charlemont, dont il ne s'était point aperçu quand elle n'était que la fille de M. Fourcy tout court: de là à une demande en mariage, il n'y avait qu'un pas, et en les regardant, en les écoutant, madame Fourcy se disait qu'il serait bientôt franchi.

N'avait-elle pas le droit de s'enorgueillir de son ouvrage? Evangelista était un homme charmant, qui ferait un excellent mari; et puis il était marquis, ce qui à ses yeux avait son prix. Ce n'était pas seulement d'une belle fortune qu'elle allait jouir désormais, mais encore d'un rang dans le monde et par son mari et par son gendre. Ah! comme elle avait été sage de se débarrasser de Robert, et comme elle allait aussi rompre nettement avec Ladret. Plus de soucis: la paix, le bonheur pour elle et pour les siens.

Comme la visite d'Evangelista se prolongeait, il en survint une autre qui décida le marquis Collio à se retirer, celle de La Parisière.

—Veux-tu que je remonte auprès de père? demanda Marcelle qui n'éprouvait aucun plaisir à voir et à écouter le coulissier.