—Pour le collier, oui, je viens de voir le livre, du bijoutier, et le bijoutier m'a dit qu'il avait vendu le collier que je lui représentais à M. Robert Charlemont.

—Eh bien, c'est Robert qui lui a donné aussi les trois cent mille francs qu'elle a perdus dans les affaires Heynecart.

Fourcy le regarda sans comprendre.

—C'est vrai, tu ne sais pas, s'écria M. Charlemont.

Et comme il croyait n'avoir plus de ménagements à garder, en quelques mots il expliqua ce que le commissaire venait de lui raconter: la perte des trois cent mille francs dans les affaire Heynecart et le payement de cette somme aux mains de La Parisière en trois cents billets de banque de mille francs.

—Tu comprends maintenant où elle a eu ces trois cent mille francs; soit qu'elle ait remis un mandat blanc à Robert, soit que celui-ci qui entrait dans sa chambre comme il voulait, se soit approprié ce mandat, c'est lui qui l'a rempli, qui l'a signé de ton nom, qui a touché la somme à la Banque et qui la lui a donnée. Est-ce clair maintenant? Ne vois-tu pas comment les choses se sont passées? ta… cette femme expliquant à son amant qu'elle a perdu trois cent mille francs qu'il faut qu'elle paye sous peine d'être déshonorée, et celui-ci, dans un élan d'enthousiasme passionné, les lui promettant, les cherchant partout, les demandant à tous, et quand il n'a pas pu se les procurer, les volant à son père. Avais-je raison, quand je disais que c'était lui?

—Mon Dieu! murmura Fourcy.

—Oui, c'est horrible! horrible pour toi, horrible pour moi; ta femme coupable! mon fils voleur! ton honneur, le mien perdus; et pourquoi?

Ils restèrent quelques instants accablés, mais non également. Car ce n'était pas seulement son honneur perdu que Fourcy pleurait, c'était aussi son amour, ses vingt années de tendresse, de confiance, de bonheur, de tout cela il ne resterait donc pour lui qu'un souvenir empoisonné.

Tout à coup, M. Charlemont, beaucoup moins abattu et qui suivait sa pensée, s'écria: