Et elle se dirigea vers son mari.
—Il est dans un état violent, dit-elle à mi-voix.
—Cela se voit.
—Je crois qu'il serait bon de lui adresser quelques paroles affectueuses; j'ai envie de lui proposer une promenade dans le jardin, qu'en penses-tu?
—C'est une excellente idée; parle-lui comme une mère, cela touchera son coeur bien certainement.
Elle revint à Robert, qui était resté immobile à la place où elle l'avait laissé, la suivant des yeux pour tâcher de deviner ce qu'elle disait à son mari et ce qu'elle voulait faire.
—Si vous voulez m'offrir votre bras, dit-elle de façon à être entendue de tous, je ferais volontiers un tour de jardin, moi aussi j'ai envie de jouir de cette belle soirée.
Ils sortirent.
A peine avaient-ils fait quelques pas dans le jardin que Robert voulut prendre la parole, mais elle l'arrêta.
—Attendez, dit-elle, que nous soyons à un endroit où l'on ne puisse ni nous entendre ni nous surprendre.