Elle était ainsi arrivée au commencement de l'allée, qui justement longeait le massif d'arbustes dans lequel Robert était caché, et La Parisière se tenait là comme par hasard.
Tous deux en même temps ils disparurent dans l'allée qui avant de venir à lui faisait une courbe.
Que devait-il faire? Fallait-il qu'il s'avançât doucement sous bois pour surprendre leur entretien; ou bien ne valait-il pas mieux qu'il les attendît au passage? Aller jusqu'à eux était plus sûr; mais à condition toutefois que le bruit ne le trahît pas, ce qui n'était guère probable. Comment se justifierait-il auprès de Geneviève s'il était découvert? Il attendit.
Bientôt un bruit de pas sur le gravier de l'allée et un murmure de voix étouffées lui annoncèrent qu'ils approchaient: sa respiration se suspendit un moment et il écouta en regardant.
Ils marchaient à côté l'un de l'autre, mais sans se donner le bras, et rien dans leur attitude ne trahissait l'intimité de deux amants.
C'était La Parisière qui parlait en appuyant ses paroles par un mouvement rapide de la main droite comme s'il frappait et refrappait sur quelque chose.
Enfin Robert entendit faiblement, puis plus distinctement.
—Vous n'en serez pas quitte à moins de trois cent mille francs; vous devez le comprendre sans que j'aie besoin de vous recommencer le calcul. C'est une grosse somme, vraiment; mais vous conviendrez que ce n'est pas ma faute si vous l'avez perdue. Pourquoi n'avez-vous pas voulu me croire quand je vous ai dit que Heynecart sombrerait?
—Parce que j'avais des renseignements qui m'inspiraient confiance.
—Vous voyez bien que Fourcy n'avait pas cette confiance, vous ne l'avez pas cru plus que vous ne m'avez cru. Et voilà. Mais ce n'est pas tout ça. Quand me donnerez vous ces trois cent mille francs?