Je voulais parler ; la baguette était redoutablement proche de moi. Mais j’avais du mal à trouver mes mots.
« Vous apporter la paix…», balbutiai-je.
Le Patron renifla dédaigneusement.
«… La paix, continuai-je, la satisfaction… la joie de… de… l’abandon…»
J’hésitai de nouveau. « Abandon » n’était pas le mot que je cherchais. Je dus faire un effort comme cela arrive lorsque l’on s’exprime dans une langue étrangère.
« La joie, répétai-je, de… du nirvâna…»
C’était le mot qui convenait. Je me sentis heureux comme un chien qui reçoit un morceau de sucre pour avoir fait le beau. Je me trémoussai de plaisir.
« Que je comprenne bien, dit le Patron. Vous nous promettez, à nous les humains, que si nous capitulons, vous prendrez soin de nous et nous rendrez heureux ? C’est cela ?
— Exactement. »
Le Patron médita cette réponse tout en fixant mes épaules. Il cracha à terre.