Celui qui venait de parler s’agenouilla à côté de moi et me fit une piqûre. Il se leva, regarda ses mains, et les essuya sur son short.

« Ça doit être du “gyro” ou quelque chose comme ça », pensai-je distraitement. En tout cas, ça me remettait d’aplomb. Bientôt je pus m’asseoir sans aide. J’étais toujours dans la même pièce, juste devant cette foutue chaise. Je voulus me remettre debout. Le Patron me donna un coup de main, mais je me dégageai brutalement. « Vous, ne me touchez pas ! hurlai-je.

— Pardon, dit-il. Toi, Jones, lança-t-il sèchement, va chercher la civière avec Uto. Emmène-le à l’infirmerie. Allez avec eux, docteur.

— Certainement. »

Celui qui m’avait fait ma piqûre voulut me prendre le bras.

Je fis un pas en arrière. « Ne me touchez pas ! » criai-je de nouveau.

Le docteur regarda le Patron, qui haussa les épaules et fit signe à tout le monde de sortir. Je gagnai seul la porte et passai dans le couloir. Je m’y arrêtai, regardai mes poignets et mes chevilles et conclus que je ferais aussi bien de passer à l’infirmerie. Doris m’y soignerait et je pourrais peut-être dormir.

Il me semblait avoir fait quinze rounds de boxe… et les avoir tous perdus.

« Sam, Sam ! » Je reconnaissais cette voix. Mary courut vers moi ; elle s’arrêta et me regarda avec de grands yeux tristes. « Oh ! Sam ! Qu’est-ce qu’ils vous ont fait ? » Sa voix était si étouffée que je la comprenais à peine.

« Vous devriez le savoir », répliquai-je.