Un flic de la police routière nous a arrêtés. Il nous a dit qu’il y avait un incendie de forêt dans la région et que, si nous allions plus loin, nous risquions de nous faire enrôler de force parmi les gens qui luttaient contre le feu. D’ailleurs il avait peut-être tort de ne pas nous mettre le grappin dessus sans attendre…

Heureusement un battement de cils de Mary le fléchit. Elle lui fit remarquer que ni l’oncle Charles ni elle-même ne savaient piloter – ce qui était un double mensonge.

« Alors ? demandai-je quand nous eûmes démarré. Que dites-vous de celui-là ?

— Quoi, celui-là ?

— C’est aussi un eunuque ?

— Oh ! ma foi non ! Un garçon très séduisant, au contraire. »

Sa réponse m’agaça.

Le Patron s’opposa à ce que nous prenions l’air pour survoler l’endroit intéressant. Il déclara que ce serait inutile. Nous prîmes donc la direction de Des Moines. Au lieu de nous garer à l’octroi, nous payâmes une taxe pour pouvoir introduire l’autavion dans la ville. Nous nous arrêtâmes au studio du poste de téléstéréo. L’oncle Charlie, à force de bluff, s’introduisit avec nous jusque chez le directeur général. À moins qu’il ne lui eût raconté une série d’affreux mensonges, « Charles M. Cavanaugh » devait être une huile considérable de l’Office fédéral des communications.

Du reste, une fois dans le bureau du directeur, il continua à jouer son rôle.

« Je voudrais bien savoir ce que signifie cette ridicule histoire de pseudo-astronef ? J’exige des explications nettes ! Votre situation en dépend. »