Le Patron jurait à mi-voix. « C’est à vous de le découvrir, dit-il. Travaillez avec des vêtements protecteurs, dans un caisson stérile, et ne supposez pas que cette créature soit morte avant d’en avoir la preuve formelle.

— Si ce truc-là est vivant, je veux bien être changé en chimpanzé !

— Ça se peut, mais ne prenez pas de risques inutiles. C’est un parasite capable de s’attacher à un hôte, tel que l’homme, dont il contrôle ensuite les actions. Son origine et son métabolisme sont presque sûrement extraterrestres. »

Le chef du laboratoire renifla dédaigneusement. « Un parasite extraterrestre sur un hôte terrestre ? C’est absurde ! Les chimies des deux organismes seraient incompatibles.

— Je me fous de vos théories, grogna le Patron. Quand nous l’avons capturé, il était fixé sur un homme. Si cela veut dire qu’il s’agit d’un organisme terrestre, indiquez-moi où vous le placez dans la zoologie que nous connaissons et où nous pouvons chercher ses pareils. Et ne sautez pas d’emblée aux conclusions. Je veux des faits. »

Le biologiste se raidit légèrement. « Vous en aurez, promit-il.

— Mettez-vous au travail. Et ne vous obstinez pas à croire que cette créature est forcément morte. Cette odeur est peut-être une arme défensive. Cette chose, si elle vit, est incroyablement redoutable. Si jamais elle se fixe sur un de vos chimistes, je serai à peu près sûrement obligé de l’abattre. »

Le chef du laboratoire se retira. Il avait perdu un peu de sa jactance.

Le Patron se réinstalla dans son fauteuil, soupira et ferma les yeux. Au bout de cinq ou six minutes, il les rouvrit.

« Combien de ces cataplasmes pourrait contenir un astronef de même taille que l’imitation que nous avons vue là-bas ? demanda-t-il.