« Par ici, petit ! Par ici… Dans l’autavion ! »

Je l’entendais maintenant à la fois dans mon téléphone et directement. Je fis demi-tour et aperçus l’autavion, un gros Cadillac, du genre souvent utilisé par la Section. Il y avait quelqu’un dedans mais il faisait trop sombre pour que je puisse bien le voir. Je m’approchai avec précaution.

« Dieu soit loué ! l’entendis-je soupirer. Je croyais bien que tu n’arriverais jamais. »

Je savais maintenant que c’était bien mon père.

Je dus baisser la tête pour passer par la portière. C’est à ce moment qu’il m’assomma…

En revenant à moi, je me retrouvai les poignets et les chevilles solidement ficelés. J’étais assis dans le siège du second pilote ; le Patron s’était installé dans l’autre et tenait les commandes. Le deuxième volant était rabattu hors de ma portée. En comprenant que l’autavion avait pris l’air, je retrouvai d’un seul coup tous mes esprits.

Il se tourna vers moi. « Tu te sens mieux ? » me dit-il gaiement.

Je pouvais voir sa larve, bien campée au bas de sa nuque.

« Un peu, dis-je.

— Je suis désolé d’avoir dû t’assommer, mais je n’avais pas le choix.