CHAPITRE X
On me fit garder le lit pendant deux ou trois jours encore. On me traitait comme un enfant, mais cela m’était égal : c’était le premier vrai repos dont je jouissais depuis des années. Mes plaies allaient mieux ; bientôt on m’encouragea – je devrais dire, on me força – à prendre un peu d’exercice dans la chambre.
Le Patron passa me voir.
« Alors ? dit-il. Tu continues à tirer au flanc ? »
Je rougis.
« Vous, au moins, vous n’avez pas le cœur hypertrophié ! dis-je. Donnez-moi un pantalon et je vous ferai voir qui tire au flanc.
— Du calme, petit. »
Il jeta un coup d’œil sur ma feuille de température.
« Mademoiselle, dit-il à mon infirmière, donnez un short à monsieur. Il reprend son service. »
Doris lui fit aussitôt face comme un petit coq de combat.