—Non, je n'en ai pas envie, répondit-il.
—Je vous en prie, faites ça pour moi, j'aime tant l'odeur du tabac. Elle me rafraîchit les idées et me rend toute joyeuse… Allons, ne me refusez pas ce petit plaisir.
Pendant ce temps, elle avait bourré elle-même la pipe et la tendit au vieillard avec une allumette enflammée.
Il commença à fumer; et cela devait véritablement lui faire du bien, car petit à petit son visage s'illumina d'une expression de contentement.
Lina reprit son carreau à dentelles et la mère son tricot.
Alors commença une conversation plus tranquille, où le jardin, le printemps et les vaches eurent la plus grande part.
Pendant qu'ils causaient ainsi, ils entendirent dans le lointain des voix qui chantaient ou qui criaient.
—Ce sont les jeunes messieurs de l'Aigle d'or, dit Jean Wouters. Ils se rendent au chemin de fer pour prendre le dernier train. Leur bamboche a duré jusqu'à présent.
—Il me semble qu'ils se disputent, remarqua Lina.
—Non, ils se connaissent très bien et ils sont habitués à faire une vie pareille. Depuis une couple de mois ils viennent une ou deux fois par semaine à l'Aigle d'or et y font toujours la même vie, à ce que m'a dit la servante… Maintenant, ils chantent et ils crient. Tenez, le bruit cesse. Ils se dépêchent pour arriver au chemin de fer.