—Eh quoi! monsieur Steenvliet, déjà de retour! demanda-t-il. Je pensais précisément à vous. Je vous voyais en pensée buvant du vin mousseux à l'auberge de l'Aigle d'or.

—Je n'y suis pas allé, répondit le jeune homme. Votre sévère mais sage avertissement, les conseils amicaux de la mère Wouters et de Lina m'ont fait réfléchir, et m'ont donné la force de volonté nécessaire pour prendre une bonne résolution. On ne me verra pas à l'Aigle d'or aujourd'hui.

—Entrez donc, monsieur Steenvliet. Les femmes seront bien heureuses d'apprendre cela.

—Je ne peux pas; j'ai à peine le temps d'arriver au chemin de fer avant le départ du train pour Bruxelles.

—Mais il y a encore plusieurs départs, Monsieur.

—Non, non, il ne fait pas bon ici pour moi. Je pourrais encore changer de résolution. Adieu, adieu, jusqu'à la prochaine occasion!

Et sans se retourner vers le vieillard, il suivit en toute hâte le chemin de terre qui passait devant la maison.

VI

Plus de huit jours s'étaient écoulés depuis que le baron d'Overburg avait écrit à son oncle le marquis de la Chesnaie, et aucune réponse ne lui était encore parvenue.

Cela le mit dans un grand embarras. Il commençait à croire que c'était par mécontentement que le marquis le faisait attendre si longtemps, et à craindre que la réponse tant retardée ne fût un refus. D'ailleurs, la baron avait invité quelques-uns de ses plus proches parents à un dîner où il se proposait de leur présenter le file de M. Steenvliet comme le futur époux de sa fille.