De toutes les histoires et les descriptions de Pardoes, ce qui faisait le plus d'impression sur l'esprit de Donat Kwik était l'histoire de son combat contre les sauvages californiens et leur cruelle habitude de scalper la peau de la tête à leurs ennemis vaincus. Peut-être la perte du lobe de son oreille était-elle la cause de cette crainte. Il revenait si souvent sur l'affaire des sauvages, qu'il finit par ennuyer le Bruxellois à force de questions.
Un soir, il l'interrompit de nouveau dans son récit:
—Et ces sauvages, ont-ils en effet la peau rouge?
—Certes; c'est pour cela qu'on les appelle Peaux-Rouges.
—Oui, mais rouge?
—Rouge foncé, presque brun.
—Et sont-ils laids?
—Horribles.
—Et tirent-ils avec des flèches empoisonnées?
—On dit qu'ils trempent leurs flèches dans le jus d'un yedra, ou lierre vénéneux.