—Qu'y a-t-il? que vois-tu? s'écrièrent les autres.
—Là! là! répondit Kwik, toute une bande de brigands!
Tous s'arrêtèrent et tinrent leurs armes prêtes; car ils voyaient devant eux, au pied d'une colline et à moitié cachés, quatre hommes acculés contre les arbres et dont les deux premiers étaient appuyés sur de longs fusils.
—Eh bien! que ferons-nous? murmura Creps. Nous ne pouvons pas rester ici irrésolus. Ils ne sont que quatre. Pourquoi craindre.
—Oui, mais la prudence est aussi du courage. Ils sont peut-être plus que nous ne croyons. Observons un instant quelle peut être leur intention. C'est étonnant, ils nous remarquent; et, si je ne me trompe, ils rient.
—Venez, avançons, dit Roozeman; reculer est impossible. Si ces hommes veulent nous attaquer, ils peuvent nous atteindre dans tous les cas.
—As-tu peur, Pardoes? demanda Jean Creps.
—Peur? Je suis prudent. Vous ne connaissez pas le pays. Mais il n'y a pas d'autre moyen. En avant donc … et au moindre mouvement hostile, faisons feu!
Ils poursuivirent leur chemin. Lorsqu'ils passèrent devant les brigands supposés, à une quarantaine de pas, ceux-ci ne bougèrent point et restèrent appuyés sur leurs fusils, sans dire un mot, et même sans répondre autrement que par un grognement bref et un léger signe de tête au salut qui leur fut adressé.
A peine les Flamands se furent-ils éloignés d'une demi-portée de fusil, que Donat s'écria avec étonnement.