Lola éclata de rire.
—Oh! Lotte, je t'en prie! Nous sommes seules; ne fais pas la pédagogue!... Ça ne te va pas... Tu es bien plus jolie quand tu me dis: «Lolita à moi, je t'adore...» Dis-le, mon amour...
Charlotte savourait la douceur du compliment... Docile, elle répéta:
—Lolita à moi, je t'adore.
Puis, revenant à une idée qui s'était, peu à peu, élaborée dans sa cervelle, elle demanda:
—Est-ce que tu crois, Lola, que Claude Suzore est éprise de Raymond?
—Peuh!... Que sait-on?... Ça ne paraît pas... Mais elle est très forte, cette Claude!...
—Je vais les observer ce soir, fit Charlotte. Tu restes à dîner? chérie.
—Mais non, mais non!... La voiture m'attend en bas. Je te retrouverai ce soir à l'Opéra-Comique.
—Eh bien, alors, Lolita, il est sept heures un quart, tu peux te sauver!... Tu vas être en retard, et que dira «tante»! Veux-tu sonner Céline qu'elle vienne me mettre ma robe?... Tout de même, je ne suis pas encore habituée à ton idée d'un emballement de Raymond pour Claude Suzore; c'est une petite fille près de lui. Il a quarante et un ans... et elle, pas même vingt!... C'est comme s'il s'emballait de toi... Ce serait aussi ridicule!