Claude n'avait pas bougé. Le profil gardait la même ligne, durcie par l'effort de la pensée ou de la volonté. Élisabeth s'approcha et, doucement, mit la main sur son épaule.
La jeune fille eut un tressaillement et tourna la tête vers son amie. Une clarté brûlait au fond de ses prunelles, si ardente qu'Élisabeth en fut saisie.
Un silence d'une seconde; puis Mme Ronal interrogea simplement:
—Claude, ma petite, qu'y a-t-il?... Qu'est-ce que tu as?
Avant même d'avoir fini de parler, elle sentait Claude moralement cabrée, prête à la résistance.
—Moi?... Mais je n'ai rien... Que voulez-vous que j'aie? Élisabeth.
Avec sa douceur ferme, la jeune femme continua:
—Je l'ignore... Mais j'ai l'impression... certaine, que tu as des désirs ou des soucis..., peut-être simplement un souci qui fait que tu n'es plus... toi...
Dans la pénombre, Élisabeth vit frémir un peu les mains jointes sur l'appui de la fenêtre. Mais Claude eut un petit rire sec.
—Élisabeth, est-ce bien vous, qui vous laissez emporter par l'imagination? Je ne suis plus moi?... que suis-je donc?