Et le mot de consentement écrit, en elle, alors, une allégresse folle s'épanouit...

Quand, huit jours plus tard, elle descendit du train à Chantilly, une voiture l'attendait devant la gare; non pas une auto. La vieille Mme de Ryeux restait fidèle aux habitudes de sa jeunesse.

La victoria partit. Au trot rapide du cheval, Claude fut emportée à travers la campagne printanière que poudrait d'or la lumière d'un couchant splendidement paisible. Et soudain, une brusque détente apaisa la fièvre qui, toute la semaine, avait brûlé ses nerfs. C'était exquis, ce silence, ce calme, cette fraîcheur autour d'elle, cette brise tiède sur son visage... Elle ne pensait plus... Pour un instant, rien n'existait plus pour elle que la sérénité de ce crépuscule de mai, que l'immensité de ce grand ciel nacré; que la verdure frissonnante de la forêt qui épandait dans l'air des senteurs de terre et de feuilles nouvelles.

Mais les tourelles de la Saulaye apparurent, brisant le charme. Claude arrivait. Qui allait-elle trouver?

La voiture roula sous les arbres de l'avenue d'entrée, fit demi-tour et vint s'arrêter au pied du large escalier qui descendait de la terrasse, allongée devant les appartements du rez-de-chaussée.

Près d'une haie d'orangers, toute seule, la vieille marquise tricotait.

Toute seule!... Une pensée jaillit dans le cerveau de Claude:

—S'il ne doit pas être là, pourquoi suis-je venue?

Tout de suite, sa volonté se raidit, imposant silence à sa pensée; d'un geste de colère contre elle-même, sa main se crispa sur son ombrelle.

Au bruit de la voiture, Mme de Ryeux avait relevé son bon visage aimable. Elle tendit ses deux mains à la jeune fille.