—Pourquoi t’avoir parlé de moi?... Je suis désireuse que personne ne me sorte de mon ombre!

—Ne lui en veux pas... C’est à ton vieux frère qu’il s’adressait, et il le faisait très affectueusement! me disant combien il était heureux que vous fussiez devenus amis.

—Tu sais pourquoi, Bernard?

—Oui, il m’a raconté cela aussi.

Je n’ai pas répondu, d’autant que nous arrivions devant la villa, aussitôt présentée par Jean avec des cris répétés, pour appeler l’attention de Bernard:

—Oncle! Oncle! voici notre maison! Voyez, votre chambre est au deuxième, au-dessus de celle de maman, et la fenêtre est grande ouverte pour que le soleil y entre. Ce matin, maman est allée y porter des fleurs avec moi!

Bernard m’a remerciée par un baiser:

—Maman est une femme délicieuse! Allons vite voir ma chambre.

—Et retournons non moins vite au Kelenn pour déjeuner. Père, qui est l’exactitude même, va s’agiter en voyant passer l’heure.

Bernard s’est à peu près dépêché, sans trop s’absorber dans l’examen du paysage qu’il me célèbre de sa chambre, tandis que je l’attends dans le jardin.