—Je vous promets. Je n’avais aucune idée que j’étais imprudente... Je...

Mais ma phrase ne s’achève pas; car la vague que j’avais eu la témérité d’appeler s’abat sur moi, si rude, qu’elle me fait chanceler... Mes mains, d’instinct, s’accrochent au bras de Guisane qui les saisit.

Au risque de nous faire chavirer, Bernard et Christiane ont eu le même élan vers moi qui, tout de suite, me redresse et dégage mes mains.

—Ce n’est rien!... Ne vous agitez pas...

J’entends leurs exclamations s’entre-choquer:

—Ma pauvre Mireille, te voilà trempée!... Madame, enveloppez-vous dans cette pèlerine... Mireille, serrez-vous contre moi, pour avoir moins froid!...

Et Christiane m’attire avec une affection qui me donne chaud au cœur—faute de mieux!—tandis que Guisane essaie de me couvrir d’une cape qui n’est pas mon bien.

Il me regarde avec des yeux tellement inquiets que je me mets à rire, envahie par un étrange bien-être, en dépit de ma blouse mouillée qui colle à mes épaules et à mes bras, me gelant.

—Ne vous tourmentez pas pour moi. Je ne suis pas fragile du tout. Mais ramenez-nous le plus vite possible! Cela seul est intéressant!

Intéressant et pas commode! Christiane et moi, blotties l’une contre l’autre, nous contemplons nos deux marins improvisés qui luttent contre le grain, avec leur science très relative des choses de la mer; doublée, heureusement, d’un sang-froid et d’une résolution hardie qui, enfin! nous valent de regagner le rivage.